Introduction
La Contrada del Drago est l’une des 17 contrades historiques de Sienne. Elle se situe dans le Terzo di Camollia, dans la partie nord‑ouest de la ville. Le territoire du Drago s’étend depuis la zone de la forteresse Médicéenne et du stade municipal jusqu’à la basilique de San Domenico, incluant des parties de la Via dei Montanini et des environs de Poggio Malavolti. À proximité se trouve l’Hôtel Minerva (via Garibaldi 72), point de départ idéal pour explorer cette contrada : il faut seulement quelques minutes à pied pour rejoindre la piazza Giacomo Matteotti, la place principale du Drago où se situent la fontaine baptismale et le musée/siege.
Ce guide vous invite à découvrir de près la Contrada del Drago – sa longue histoire, ses traditions et les lieux à visiter (musée et oratoire) – à travers un format de questions‑réponses. Nous verrons également les triomphes du Drago dans le Palio di Siena, en examinant ses nombreuses victoires (39 Palios remportés depuis 1650) et en fournissant des tableaux récapitulatifs. Enfin, nous proposons un itinéraire à pied à partir de l’Hôtel Minerva vers les rues de Sienne jusqu’au cœur de la contrada, en indiquant les points d’intérêt en chemin. Plongeons dans l’âme de l’une des contrades les plus anciennes et fascinantes de Sienne.








Localisation et symboles
Où se trouve la Contrada del Drago et quels sont ses symboles ?
Le Drago occupe la zone du Terzo di Camollia, l’un des trois anciens districts qui divisent le centre historique de Sienne. Son territoire comprend des rues et places clés : la piazza Matteotti (le centre névralgique où se trouvent la fontaine et le siège de la contrada), la Via di Camporegio (siège de la Società Camporegio) et une partie de la Via dei Montanini, l’une des principales rues de Sienne. La contrada est limitrophe des contrade voisines Onda, Lupa, Istrice et Aquila, avec lesquelles elle partage des frontières dans le labyrinthe des rues de la ville. Grâce à sa localisation, le Drago est facilement accessible à pied depuis le centre – environ dix minutes de marche au nord de la Piazza del Campo.
Emblème et couleurs
L’emblème héraldique du Drago représente, comme son nom l’indique, un dragon d’or ailé et couronné de style médiéval, les ailes déployées. Dans sa patte droite le dragon tient une bannière bleue portant la lettre « U », surmontée d’une couronne royale – une référence historique au roi Umberto I de Savoie. Les couleurs officielles de la contrada sont le rose ancien et le vert, traversés de jaune. Ces couleurs apparaissent sur les drapeaux, les costumes et le foulard de soie (gioiello) fièrement porté par les contradaioli. La devise de la Contrada del Drago est « Il cor che m’arde divien fiamma in bocca », une expression poétique en dialecte siennois signifiant « Le cœur qui brûle en moi devient une flamme dans la bouche », allusion au feu intérieur du dragon qui se manifeste extérieurement.
Saint patron, alliances et rivalités
Chaque contrada a traditionnellement un saint patron, des alliances et parfois des rivalités. Le Drago vénère Sainte Catherine de Sienne, la grande mystique du XIVᵉ siècle, comme patronne et fête sa fête titulaire le dernier dimanche de mai. Ce choix est significatif : bien que le lieu de naissance de la sainte appartienne à la Contrada dell’Oca, le Drago lui est particulièrement dévoué parce que son église (l’oratoire de la contrada) est dédiée à Sainte Catherine. De manière unique, le Drago n’a pas de rivale officielle ; c’est la seule contrada de Sienne à ne jamais avoir eu d’ennemi officiel. Malgré des tensions occasionnelles dans le passé avec Lupa, Selva ou Bruco, aucune ne s’est formalisée. En revanche, le Drago entretient une alliance spéciale avec la Contrada dell’Aquila, une amitié durable qui se manifeste lors de fêtes communes et d’un soutien réciproque au Palio.
Résumé des données principales
| Élément | Détails |
|---|---|
| District (Terzo) | Camollia |
| Emblème | Dragon d’or ailé avec bannière portant la lettre “U” |
| Couleurs | Rose ancien et vert croisés de jaune |
| Devise | « Il cor che m’arde divien fiamma in bocca » |
| Saint patron | Sainte Catherine de Sienne (fête le dernier dimanche de mai) |
| Contrada alliée | Aquila |
| Contrada rivale | Aucune (aucune rivalité officielle) |
| Métier traditionnel | Banquiers (chaque contrada est historiquement associée à un métier) |
| Victoires au Palio | 39 victoires (première en 1650, dernière en 2022) |
Ainsi, la Contrada del Drago allie la fierté symbolisée par le dragon à des références historiques (le « U » d’Umberto I), des couleurs peu communes mais marquantes et une position stratégique dans la ville. Souvent appelée « Popolo di Camporegio », elle reçoit ce surnom de la localité Poggio di Camporegio (zone autour de San Domenico et de la Via del Paradiso), qui est depuis des siècles le cœur de son territoire. Visiter le Drago signifie entrer dans un quartier riche d’histoire et de tradition, facilement reconnaissable à ses vifs symboles de dragon et à ses couleurs.
Histoire de la Contrada del Drago
Origines et jalons importants
L’histoire du Drago plonge ses racines dans la Sienne tardo‑médiévale et de la Renaissance. Déjà au XVe siècle, on trouve des traces de cette contrada : des recherches historiques documentent l’existence d’un groupe local appelé « Drago » en 1481, antérieur à l’établissement formel des contrade comme participantes aux événements publics. Le 1ᵉʳ mars 1494, le Drago (avec Giraffa, Chiocciola et Onda) apparut avec son propre symbole au Gioco delle Pugna, un spectacle public sur la Piazza del Campo. C’est l’une des références les plus anciennes à la contrada lors d’un événement officiel, indiquant qu’à la fin du XVe siècle le Drago avait déjà une identité de quartier reconnue.
Au cours des XVIᵉ et XVIIᵉ siècles, les contrade adoptèrent progressivement leur forme actuelle. Pendant longtemps, jusqu’au milieu des années 1600, les membres du Drago se réunissaient dans des maisons ou des ateliers du district. Un tournant arriva en 1650 : la même année où le Drago remporta son premier Palio, la contrada reçut l’usage d’une salle dans la compagnie laïque de San Domenico à Camporegio comme siège officiel. Cette concession lia le Drago au puissant complexe religieux de San Domenico et jeta les bases d’une collaboration durable. À partir de 1679, la compagnie accepta même de contribuer aux frais du Palio, à condition qu’en cas de victoire, le Drappellone (étendard peint) soit offert à l’autel de San Domenico. Ce parrainage quasi religieux dura environ un siècle, jusqu’à ce que des désaccords mettent fin à l’accord après la victoire du Drago du 2 juillet 1738. Un seul drappellone de cette période a survécu — celui du 16 août 1786 — conservé dans la Sala delle Vittorie.
Un chapitre fondamental s’ouvrit en 1787 lorsque le grand‑duc Pierre Léopold fit don à la contrada de l’église de Santa Caterina in Paradiso (avec une partie de l’ancien couvent adjacent) pour servir d’oratoire. Construite vers 1620 sur une église du XVe siècle, cette église baroque est située sur une éminence appelée Poggio Malavolti (Camporegio). Acquérir l’église marqua la naissance de la Contrada del Drago comme entité totalement autonome avec son propre lieu de culte ; l’oratoire est depuis lors le centre spirituel de la contrada. Au fil du temps, le musée abritant les trésors du Drago (Palios, costumes, souvenirs) s’est développé dans les salles situées en dessous et à côté de l’église. Le paysage urbain autour de Poggio Malavolti a changé : la colline a été nivelée plusieurs fois, mais les imposants escaliers menant à l’oratoire témoignent encore des pentes d’origine.
Au cours des XIXᵉ et XXᵉ siècles, la Contrada del Drago survécut aux suppressions napoléoniennes et aux changements d’époque, mais garda son esprit vivant. Elle possède le costume le plus ancien parmi les contrade de Sienne : un costume « style espagnol » de 1839, conservé et occasionnellement exposé. Au XXᵉ siècle, la contrada adopta une organisation moderne avec statuts et organes électifs comme le Consiglio et le Seggio dirigé par le Priore, participant activement à la vie civique et aux compétitions du Palio. Bien qu’elle ne soit pas parmi les contrade les plus victorieuses, le Drago a accumulé d’impressionnantes 39 victoires au Palio et a vécu des moments épiques, comme le Palio della Pace de 1945. Ces dernières décennies, la contrada se distingue par son harmonie interne et la stabilité de sa direction : statistiquement, ses responsables (Priore et Capitano) ont les mandats les plus longs de toutes les contrade de Sienne, témoignant de cohésion et de continuité.
Résumé
En résumé, l’histoire de la Contrada del Drago est celle d’une communauté ancienne qui a su se préserver et se renouveler au fil des siècles : des luttes de la Renaissance aux victoires récentes au Palio, du don de l’église de Sainte Catherine au musée contemporain, le Drago mêle mythe, foi et passion populaire. Chaque coin du district raconte une partie de cette histoire — les ruelles de Malavolti, la petite place de Camporegio, l’inscription de la fontaine, les drapeaux flottant pendant le Palio — peignant un portrait vivant de cette contrada intemporelle.
Traditions et festivités
Fête titulaire et fontaine baptismale
La vie de la Contrada del Drago — comme celle de chaque contrada de Sienne — est riche en traditions séculaires mêlant sacré et profane, convivialité sociale et rites solennels. Les principaux aspects incluent :
- Fête titulaire de Sainte Catherine : Comme Sainte Catherine de Sienne est la patronne, chaque année le dernier dimanche de mai le Drago célèbre sa fête titulaire. Le week‑end de célébrations comprend des cérémonies religieuses (messe solennelle à l’oratoire de Santa Caterina in Paradiso), des processions dans les rues du district avec des contradaioli en costumes historiques et des moments conviviaux tels que le dîner de la victoire (si le Palio a été remporté cette année‑là) ou des dîners collectifs et toasts.
- Baptême contradaiolo : Pendant la fête titulaire a lieu le Battesimo contradaiolo : les nouveau‑nés ou les enfants liés à la contrada par la famille ou la résidence sont symboliquement « baptisés » avec de l’eau de la fontaine de la contrada, recevant les couleurs du Drago. Au Drago, la cérémonie se tient à la fontaine baptismale de la piazza Matteotti ; le Priore récite la formule traditionnelle et asperge le front de l’enfant avec l’eau de la fontaine tandis que des tambours résonnent et des drapeaux ondulent. À partir de ce moment l’enfant devient dragaiolo (contradaiolo du Drago) pour la vie.
- La fontaine baptismale : Chaque contrada possède une fontaine où se réalise ce baptême laïque, mais la fontaine du Drago est particulièrement artistique. Inaugurée en 1977, elle est l’œuvre du sculpteur siennois Vico Consorti, lui‑même contradaiolo du Drago. La fontaine se compose d’une colonne portant une dédicace (« L’amour de la contrada confie aux futurs dragaioli la mémoire des grands prieurs Mario Calamati et Alberto Rossi ») surmontée de la sculpture d’un garçon accroupi jouant aux billes. De manière inhabituelle, le symbole du dragon n’apparaît pas directement ; à la place, l’une des billes dans la main du garçon est peinte aux couleurs du Drago (rose ancien et vert), symbolisant la contrada qui se distingue dans le jeu. Cette absence du dragon et la présence d’un enfant jouant rendent la fontaine unique, représentant l’esprit ludique et la transmission du patrimoine de la contrada aux jeunes. La fontaine est située dans un coin de la piazza Matteotti, en face du siège et du musée de la contrada. Chaque année, pendant la fête titulaire, de nouveaux contradaioli y sont baptisés.
- Vie de la contrada et la Società Camporegio : Le cœur battant de la vie sociale du Drago est la Società di Camporegio, le club récréatif de la contrada. Son siège au 1, Via di Camporegio, sous l’oratoire dans l’ancien couvent, accueille des contradaioli toute l’année pour des dîners, assemblées, fêtes et initiatives. Les traditions typiques incluent les dîners du vendredi (« cenenino »), les dîners propitiatoires avant le Palio et le grand Dîner de la Victoire lorsque le Drago remporte le Palio. Tout au long de l’année, il y a des événements pour tous les âges : tournois (football, tir, jeux de société) entre contradaioli, bals et tombolas, ainsi que la participation collective aux essais du Palio et au cortège historique. Le Drago, comme les autres contrade, s’attache aussi à éduquer ses jeunes membres : le Gruppo Piccoli Dragaioli implique enfants et adolescents dans des activités ludiques et culturelles liées à la contrada, leur apprenant dès le plus jeune âge les hymnes, le maniement des drapeaux, le rythme des tambours et les valeurs communautaires. Cette transmission générationnelle est essentielle pour maintenir vivant l’esprit de la contrada.
- Autres rituels : Parmi les coutumes particulières du Drago figure l’hommage floral du 29 avril (jour de la fête de Sainte Catherine) à la basilique de San Domenico, où ses reliques sont conservées. Une délégation en costume dépose des fleurs en dévotion. Chaque contrada possède aussi un hymne officiel : celui du Drago s’appelle « Il canto del drago » (avec un refrain clamant « Drago, Drago ! ») et il est chanté en chœur lors d’occasions solennelles, particulièrement après une victoire au Palio. Après avoir gagné le Palio, un autre rite émouvant est la messe de remerciement (Te Deum) célébrée au Duomo avec les contrade alliées, une tradition partagée par toutes les contrade victorieuses.
De manière générale, la Contrada del Drago vit 365 jours par an grâce à un calendrier riche en événements – soutien à son jockey lors des négociations de printemps, bénédiction du cheval et du jockey la veille du Palio dans l’oratoire, fêtes de quartier en été et en automne, entre autres. Les visiteurs à Sienne hors saison du Palio peuvent encore entrevoir cette vie : en passant par la Via di Camporegio, ils peuvent entendre des voix et de la musique venant du siège, voir des enfants s’exercer au tambour après l’école ou remarquer des drapeaux du Drago accrochés dans les rues à certaines dates. Tout cela montre que le Drago n’est pas seulement un participant du Palio, mais une véritable famille élargie qui renouvelle quotidiennement ses traditions séculaires.
Musée de la Contrada del Drago
Localisation et sections
Chaque contrada de Sienne possède son propre musée ; le musée du Drago est particulièrement intéressant pour comprendre l’histoire et l’art liés à la contrada. Il est situé dans des espaces adjacents et sous l’Oratorio di Santa Caterina del Paradiso, l’église de la contrada au 1, Via del Paradiso, dans la zone de Poggio Malavolti. L’entrée du musée correspond au siège historique-muséal en face de la fontaine sur la piazza Matteotti et se reconnaît souvent à l’emblème du Drago au-dessus du linteau.
Le complexe muséal est divisé en plusieurs sections, offrant aux visiteurs un voyage fascinant à travers la mémoire du Drago :
- L’oratoire de Sainte Catherine : Une partie du parcours est l’oratoire baroque lui‑même, petit mais richement décoré. Construit vers 1620 sur une église du XVe siècle, il a une nef unique et abrite d’importantes œuvres sacrées. Les visiteurs peuvent admirer des peintures du XVIIᵉ siècle d’artistes siennois comme Francesco Rustici, Raffaello Vanni et Domenico Manetti, un précieux buste en terre cuite polychrome de Sainte Catherine réalisé par Lorenzo Marrina (1517) et un crucifix en bois du XVe siècle. Ces chefs-d’œuvre mettent en valeur l’entrelacement de foi et de tradition contradaiola.
- Sala delle Vittorie (Salle des Victoires) : En descendant dans les salles sous l’église, on arrive au cœur du musée, la Sala delle Vittorie, où sont exposés les drappelloni – les étendards peints gagnés par la contrada à diverses éditions du Palio. Actuellement, le Drago préserve 36 de ses 39 étendards (certains anciens ont été perdus). Entrer dans cette salle est émouvant : les murs sont littéralement couverts de drapeaux colorés, chacun racontant l’histoire d’une victoire. Se distinguent notamment :
- Le Palio du 2 juillet 1921, premier Palio peint par une femme, l’artiste romaine Maria De Maria.
- Le Palio du 20 août 1945, le célèbre Palio della Pace, peint par Dino Rofi. Cet étendard a une histoire unique : Rofi ne fit initialement qu’un croquis faute de temps pour organiser le Palio d’après-guerre ; après la course, l’étendard original fut déchiré en morceaux par des contradaioli de Bruco déçus. Rofi le repeignit ensuite complètement, ajoutant une petite chenille (symbole de Bruco) parmi les flammes du dragon en souvenir sarcastique de la rivalité.
- Des étendards d’artistes siennois du début du XXᵉ siècle tels que Ezio Pollai (1930) et Plinio Tammaro (1933).
- Divers étendards des dernières décennies du XXᵉ siècle et des temps contemporains peints par des artistes renommés : Carlo Cerasoli, le Français Gérard Fromanger, Mimmo Paladino, Ruggero Savinio, Silvano “Nano” Campeggi (célèbre pour ses affiches de films), Rosalba Parrini et Emilio Giannelli. Le plus récent est le Palio du 2 juillet 2022 peint par l’artiste britannique Emma Sergeant, autre nom féminin de prestige associé à une victoire du Drago.
- Galerie des Costumes et Drapeaux (Galleria delle Monture) : Une autre section, parfois installée dans des salles séparées, conserve des costumes historiques portés par la comparsa du Drago lors du cortège historique du Palio. On y trouve notamment le costume de style espagnol de 1839 – le plus ancien intact à Sienne – et plusieurs costumes des XIXᵉ et XXᵉ siècles richement décorés, montrant l’évolution du style et des techniques de couture. La galerie expose aussi des drapeaux historiques, vieux de plusieurs décennies, présentant différents dessins et variations du symbole du dragon. Voir ces drapeaux patinés ou usés à côté des actuels illustre la profondeur du lien avec la tradition.
- Autres souvenirs : Complètent le musée divers trophées et objets liés à la vie du Drago. Par exemple, sont exposés des trophées Masgalano remportés par la contrada (prix attribué à la contrada ayant la meilleure présentation dans le cortège historique ; le Drago en a remporté plusieurs, notamment huit entre 1951 et 2017). Les visiteurs trouveront des photographies d’époque, des documents et des livres sur la contrada, ainsi que des cadeaux d’autres contrade ou d’institutions civiques lors d’occasions spéciales. Un coin est souvent dédié aux figures illustres du Drago – portraits de capitaines historiques ou de jockeys ayant couru pour la contrada.
Visiter le musée
En général, les musées des contrade n’ont pas d’horaires d’ouverture quotidiens comme les musées d’État ; la visite se fait sur rendez‑vous ou à l’occasion de dates spéciales. La Contrada del Drago organise des visites guidées sur demande, notamment pour des groupes ; en contactant la contrada à l’avance (par exemple par e‑mail au secrétariat ou via le site officiel), il est possible de planifier une visite. En été, autour des Palios de juillet et d’août, les musées des contrade ont tendance à ouvrir au public lors d’événements organisés par la ville ou par le Consorzio per la Tutela del Palio. La visite du musée du Drago vaut vraiment la peine : être entouré des étendards gagnants, entendre des contradaioli expliquer chaque victoire et voir des costumes et des objets cérémoniels offre une perception unique de l’âme de la contrada.
Victoires au Palio
Vue d’ensemble et liste chronologique
La Contrada del Drago a remporté 39 Palios dans son histoire (jusqu’au Palio de 2022). La première victoire date de 1650 et la plus récente du 2 juillet 2022. Avec 39 victoires « sur le terrain », le Drago se situe dans la partie moyenne‑haute du palmarès du Palio : il n’est pas parmi les plus victorieux (Oca revendique 66 victoires, Chiocciola 51, etc.), mais il dépasse de nombreuses autres contrade et a connu des périodes de grand succès.
L’article fournit une liste chronologique détaillée de toutes les 39 victoires, incluant la date, le jockey (surnom) et le cheval. Nous résumons ici la première et la dernière victoire et présentons une répartition par périodes :
- Première victoire : 6 novembre 1650 (Palio extraordinaire) – jockey inconnu.
- Victoire la plus récente : 2 juillet 2022 – jockey Giovanni Atzeni (Tittìa) montant Zio Frac.
Répartition approximative par période
| Période | Victoires et commentaires notables |
|---|---|
| XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècles | Les victoires initiales incluent le Palio extraordinaire de 1650 et plusieurs victoires au XVIIIᵉ siècle (1724, 1729, 1738, 1748, 1763, 1771, 1786) – elles montrent la participation et le succès précoce du Drago. |
| XIXᵉ siècle | Période de renouveau avec des victoires en 1833, 1845 (extraordinaire), 1874, 1878, 1881, le Palio cavalli scossi extraordinaire de 1889, le rare cappotto (double victoire) en 1890 et une autre victoire en 1894. |
| Début du XXᵉ siècle | Victoires en 1900, 1903, 1909, 1911 et 1921 qui reflètent une continuité au début des années 1900. |
| Milieu du XXᵉ siècle | Victoires notables en 1936, 1938, le Palio della Pace de 1945 et des victoires dans les années 1960 (1962, 1963, 1964, 1966). |
| Fin du XXᵉ siècle | Reprise des victoires en 1986, 1989, 1992, 1993 et 2001. |
| XXIᵉ siècle | Victoires récentes en 2014, 2018 et 2022. |
Un point clé de la liste chronologique est que le Drago a gagné deux Palios extraordinaires en dehors des dates habituelles des 2 juillet et 16 août (1650 et 1945).
Victoires mémorables et anecdotes
Certaines victoires du Drago occupent une place spéciale dans l’histoire du Palio en raison de leurs circonstances exceptionnelles :
- Le Palio della Pace (20 août 1945) : Ce Palio extraordinaire, couru juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale, est considéré comme l’une des courses les plus tumultueuses de tous les temps. Organisé à la hâte pour célébrer la paix, le Drago aligna un duo jeune : le jockey de 19 ans Gioacchino Calabrò (Rubacuori) montant Folco. Le favori était le Bruco, qui n’avait pas gagné depuis 23 ans. Après deux faux départs et le retrait de Tartuca en signe de protestation, la course eut enfin lieu. Le Bruco mena la plus grande partie du parcours, mais au dernier tour Rubacuori exploita la vitesse de Folco pour dépasser et gagner pour le Drago. Le chaos éclata : des contradaioli du Bruco, furieux, se révoltèrent et déchirèrent le drappellone. Le Drago reçut un étendard reconstruit quelques semaines plus tard, repeint par Dino Rofi, qui inséra une petite chenille entre les flammes du dragon comme souvenir ironique. Cette victoire est légendaire non seulement pour la confusion, mais parce qu’elle symbolisa la paix retrouvée après la guerre.
- Le “cappotto” de 1890 : Dans le jargon du Palio, un cappotto signifie remporter les deux courses ordinaires la même année (le Palio di Provenzano en juillet et le Palio dell’Assunta en août), exploit rare et prestigieux. Le Drago l’a accompli en 1890, remportant le 2 juillet et de nouveau le 16 août. La star fut le jockey Francesco Ceppatelli (Tabarre), qui monta deux chevaux différents — Prete en juillet et Farfallina en août — et triompha dans les deux cas. Seuls 17 cappotti sont survenus depuis 1701 ; le cappotto de 1890 du Drago demeure un motif de grande fierté.
- Le Palio “cavalli scossi” de 1889 : Le Drago détient le record inhabituel d’avoir remporté le seul Palio de l’histoire couru entièrement sans jockeys (cavalli scossi). Le 18 août 1889, lors d’un Palio extraordinaire organisé par la « Società delle feste », tous les chevaux coururent sans cavaliers, guidés uniquement par des bersaglieri avec des cibles mobiles ; le cheval du Drago, un alezan appartenant à Signor Marchetti, franchit la ligne en premier. Initialement considéré comme non officiel, le triomphe fut officiellement reconnu en 1931. Le Drago peut donc se vanter d’avoir gagné « sans jockey », exploit rarissime.
- Victoires avec des chevaux sans jockey : Outre l’anomalie de 1889, le Drago compte aussi deux victoires où son cheval arriva à l’arrivée sans jockey : le 16 août 1989 avec Benito III (le jockey Moretto est tombé) et le 16 août 1993 avec Vittorio (le jockey Mistero est tombé). De telles victoires provoquent une grande émotion parce que voir un barbero (cheval du Palio) gagner seul est épique. La victoire de 1989 mit fin à une disette de 23 ans et celle de 1993 vit le cheval du Drago dépasser miraculeusement le favori de l’Oca après que les cavaliers soient tombés.
- Victoires récentes et jockeys légendaires : À l’époque contemporaine, les succès récents du Drago et les jockeys qui les ont signés sont remarquables. Le 2 juillet 2014, le Drago est revenu à la victoire après 13 ans grâce au jockey Alberto Ricceri (Salasso) montant Oppio, une victoire quelque peu inattendue. Le 2 juillet 2018, Andrea Mari (Brio) gagna avec Rocco Nice ; Brio, décédé en 2021, était l’un des jockeys les plus aimés et entretenait une profonde amitié avec le Drago. Enfin, le 2 juillet 2022, le Drago triompha avec Giovanni Atzeni (Tittìa) montant Zio Frac. Tittìa est actuellement la star des jockeys du Palio, et avec cette victoire — la neuvième de sa carrière, mais la première pour le Drago — il a encore élevé le prestige de la contrada. Ces victoires récentes ont donné lieu à d’énormes célébrations dans le quartier ; par exemple, en 2018 le Drago organisa un dîner de victoire avec plus de 1 500 participants.
Derrière chaque étendard accroché dans la Sala delle Vittorie se cache une histoire de chevaux légendaires, de jockeys courageux et de moments de gloire. La Contrada del Drago en a collecté beaucoup : du Palio della Pace au cappotto de 1890, des victoires de chevaux sans jockey aux succès récents avec des jockeys champions. Pour en savoir davantage, écoutez les contradaioli au musée ou lors d’une visite guidée ; ils raconteront avec passion les histoires de Rubacuori et Folco, de Tabarre et son double triomphe, de Benito III gagnant sans cavalier, et de la manière dont « Il cor che m’arde divien fiamma in bocca » se manifeste chaque fois que le Drago franchit la ligne d’arrivée en premier.
Itinéraire à pied : de l’Hôtel Minerva à la Contrada del Drago
Itinéraire suggéré
L’Hôtel Minerva, situé via Garibaldi 72, se trouve à courte distance du territoire du Drago et offre une excellente base pour une promenade à pied dans le district. L’itinéraire ci‑dessous couvre environ 20 à 30 minutes (sans compter les arrêts) depuis l’hôtel jusqu’au cœur de la contrada, en mettant en valeur quelques points historiques et panoramiques :
- Sortie de l’Hôtel Minerva (via Garibaldi) : En sortant de l’hôtel, vous êtes sur la via Garibaldi, une route qui contourne le centre historique. Tournez à gauche (vers l’est) en montant. Après quelques dizaines de mètres, vous pourrez apercevoir le dôme de Santa Maria di Provenzano au loin. Poursuivez sur la via Garibaldi jusqu’à un carrefour : à gauche monte la via del Risalita (en direction de San Domenico), tandis qu’en face la via Garibaldi se courbe et devient via delle Terme en descendant. Prenez à gauche, en suivant les panneaux pour San Domenico/Stadio.
- Montée à la forteresse Médicéenne et La Lizza : La rue montante (via del Risalita ou via San Domenico) conduit en quelques minutes à l’espace vert de La Lizza et à la forteresse Médicéenne. C’est un important point panoramique : vous pouvez entrer dans les jardins de la forteresse et monter sur les remparts du bastion pour profiter de vues splendides sur Sienne, notamment le Duomo et la Torre del Mangia. De l’autre côté de la rue se trouve le Parco della Lizza avec une statue de Garibaldi. Cette zone marque l’extrémité nord‑ouest du territoire du Drago. Cherchez près de l’entrée de la forteresse une plaque en céramique avec le symbole du Drago ; ces carreaux de frontière marquent les limites des contrade dans toute Sienne.
- Piazza Giacomo Matteotti : Continuez de La Lizza vers le sud‑est ; après avoir passé le terminal de bus, vous arriverez sur la piazza Matteotti. Cette place moderne est un important centre urbain avec arrêt de bus et taxis. Elle est significative pour la contrada : on y trouve la fontaine baptismale du Drago et son siège/musée. Repérez l’angle où la via dei Montanini se croise – vous y verrez la colonne et la sculpture décrites précédemment. La place montre comment la tradition de la contrada vit au milieu de la modernité : en face de la fontaine se situe l’entrée de la Società di Camporegio et du musée. Même sans entrer, vous êtes au cœur du Drago ; observez les drapeaux accrochés aux fenêtres, surtout pendant le Palio ou les fêtes. Durant les célébrations, la place se transforme en scène de fêtes spontanées, avec des contradaioli plongeant dans la fontaine de joie et agitant leurs drapeaux rose‑vert.
- Via dei Montanini et Via di Camporegio : Depuis la place, faites deux petits détours pour savourer l’atmosphère du quartier. D’abord, marchez quelques pas sur la via dei Montanini (côté droit quand vous êtes face à la fontaine), une rue élégante qui faisait autrefois partie de l’artère principale de Sienne. Allez sur environ 100 mètres jusqu’à l’Arco dei Montanini, sous lequel se trouve un petit tabernacle ; autrefois, l’église de San Donato dei Montanini se situait ici. Notez les emblèmes et plaques sur les murs marquant le territoire. Revenez sur la piazza Matteotti et prenez la via di Camporegio, l’étroite rue escarpée à côté de la fontaine. Après quelques pas, on arrive à la piazza Camporegio, une pittoresque place de maisons en brique. Au-dessus se dresse la basilique de San Domenico. Cette piazza marque l’endroit de Poggio Malavolti, lieu historique pour le Drago ; en été la contrada y organise des dîners en plein air. La deuxième entrée de l’oratoire de Sainte Catherine s’ouvre également sur cette place ; jetez un œil si la porte est ouverte — vous pouvez voir des préparatifs d’événements ou l’escalier de l’oratoire.
- Basilique de San Domenico : De la piazza Camporegio, montez les escaliers ou le chemin jusqu’à la grande place de San Domenico. Bien qu’elle soit légèrement en dehors du circuit strict de la contrada, elle est incontournable et indirectement liée au Drago par Sainte Catherine (la relique de sa tête sacrée s’y trouve). La basilique gothique abrite des œuvres d’art et la chapelle de Sainte Catherine. À l’extérieur, arrêtez-vous au belvédère à côté de l’église pour l’un des panoramas les plus célèbres de Sienne sur la vieille ville et le Duomo. De là, vous pouvez également apercevoir une partie du territoire du Drago et, éventuellement, l’Hôtel Minerva au nord‑ouest.
- Retour ou exploration supplémentaire : Après San Domenico, vous pouvez retourner à l’Hôtel Minerva en suivant la via di Camporegio et la via Garibaldi ou poursuivre l’exploration de Sienne. Vous êtes près du sanctuaire de Sainte Catherine dans la Contrada dell’Oca (en descendant la Costa di Sant’Antonio) et à proximité de la piazza Salimbeni et de la via Banchi di Sopra. Si vous souhaitez rester dans la zone du Drago, promenez-vous dans la via della Sapienza et la Costa dell’Incrociata – d’autres rues caractéristiques du district – ou visitez le stade Artemio Franchi à côté de la forteresse, où les chevaux du Palio sont maintenus le matin du tirage au sort.
Cet itinéraire combine des aspects culturels (San Domenico, vues panoramiques) avec des éléments de la contrada (fontaine, siège du Drago, ambiance de quartier). En le suivant, vous toucherez la Contrada del Drago de première main : des lieux historiques (Camporegio, Malavolti) aux symboles vivants (fontaine, oratoire, musée). Le chemin est facile et immersif, permettant d’apprécier non seulement la beauté de Sienne mais aussi la richesse de la vie des contrade – un élément unique au monde que la ville offre aux visiteurs attentifs. Bonne promenade et, comme disent les dragaioli en guise de bénédiction, « que la flamme du Drago brûle toujours vivement ! »
Catégories d’hébergement
- Junior Suite : entièrement rénovée, spacieuse, élégante et fonctionnelle.
- Superior Room : chambres avec vue sur le centre historique de Sienne.
- Elegant Standard : intimes et accueillantes, avec vue sur le centre historique.
- Easy Economy : idéal pour une clientèle d’affaires.
