Introduction
Sienne – entendre ce nom évoque immédiatement des places médiévales, des couchers de soleil dorés et des ruelles pavées serpentant entre des palais de brique . Chaque visiteur est envoûté par son charme intemporel : chaque pierre raconte des histoires d’art, d’amours passés et de traditions séculaires. Il n’est donc pas étonnant que tout le centre historique soit classé patrimoine mondial de l’UNESCO . Parmi les traditions les plus vivantes figurent celles des contrade et du Palio de Sienne, qui colorent la ville deux fois par an avec drapeaux, costumes et rituels .
Ce guide se concentre sur l’une des dix‑sept contrade de Sienne : la Nobile Contrada del Bruco, le « pays » de la chenille couronnée . Nous retraçons son histoire et ses traditions, proposons une visite virtuelle de son musée et évoquons les Palios remportés par le Bruco. Pensé pour les voyageurs, l’article suggère un itinéraire à pied et offre des conseils pratiques aux touristes et aux familles, en prenant l’Hôtel Minerva comme point de départ – un hôtel trois étoiles accueillant au centre de la ville – pour rejoindre facilement les sites significatifs du Bruco et ses environs.
Qu’est‑ce qu’une contrada ? C’est un quartier historique de Sienne, mais bien plus que cela : une communauté de familles liées par des siècles d’histoire et de traditions partagées . Sienne est divisée en 17 contrade, chacune avec son nom, son territoire, ses armoiries, ses couleurs et son organisation interne. Les contrade sont le cœur battant de la vie citadine et s’affrontent lors du célèbre Palio, entretenant des rivalités et des alliances séculaires . La Contrada del Bruco est l’une de ces réalités uniques.
La Nobile Contrada del Bruco : symboles et titre honorifique
Origine du nom et du blason
Pourquoi s’appelle‑t‑elle « Contrada del Bruco » et quel est son symbole ? Comme le suggère son nom, le blason représente une chenille verte (bruco) couronnée reposant sur une branche ornée d’une rose en fleurs, surmontée d’une bande portant la croix de Savoie (blanche et rouge) . Cet emblème suggère la transformation (la chenille se métamorphose en papillon), la couronne indique l’honneur et la noblesse, tandis que la rose et la croix évoquent des liens historiques avec la Maison de Savoie et la dévotion religieuse. Les couleurs officielles du Bruco sont jaune et vert, bordées de bleu ; vous verrez donc des drapeaux jaune‑verts flotter dans les rues, surtout pendant le Palio ou les festivités de la contrada .
Le titre honorifique « Nobile »
Pourquoi le Bruco porte‑t‑il le titre de « Nobile » ? Il est l’une des rares contrade de Sienne à posséder officiellement ce titre. L’épithète a été accordée pour des mérites historiques particuliers : au XIVe siècle, les milices du Bruco se distinguèrent lors du siège de Croce del Travaglio contre l’empereur Charles IV en 1369 et, surtout, pour avoir conduit en 1371 un soulèvement populaire qui porta le Monte del Popolo au pouvoir . Ce mouvement dirigé par le tailleur Giovanni Battista Bianco, dit Barbicone, mit temporairement la république de Sienne entre les mains du peuple sept ans avant le Tumulte des Ciompi de Florence . Pour ces raisons, le Bruco se vit décerner le titre de Nobile Contrada, dont les membres sont fiers .
Devise
Comme chaque contrada, le Bruco possède une devise traditionnelle : « Nella pugna sii altera, nobile Contrada dalla gente fiera » – littéralement « Dans le combat, sois fière, noble contrada de gens fiers » . Elle invite la contrada à être digne dans la lutte et souligne l’esprit fier de ses habitants, notamment face aux défis du Palio .
Territoire et alliances
Localisation à Sienne
Où est située la Contrada del Bruco ? Le Bruco occupe une portion du centre historique appartenant au Terzo di Camollia, dans le nord de la ville . Ses limites, fixées en 1729 par le Bando di Violante di Bavière, incluent plusieurs rues et places : Via del Comune, Via di Mezzo, Via degli Orti, le premier tronçon de Via dell’Abbadia jusqu’à la place éponyme, une partie de Via dei Rossi et de Piazza San Francesco (côté gauche), ainsi que Piazza Salimbeni, siège historique de la banque Monte dei Paschi . Une carte montre la zone en rouge au nord‑est de la Piazza del Campo . Le quartier alterne des rues planes autour de Pian d’Ovile et des ruelles en pente vers le centre. On y trouve des coins typiques : ruelles étroites, arches de brique, vieilles fontaines. En se promenant, on respire la tranquillité d’un coin peu touristique, parsemé de symboles de la contrada – plaques en céramique avec la chenille couronnée, fontaines baptismales sculptées et lampadaires peints en jaune et vert . C’est un quartier authentique où l’on peut rencontrer des brucaioli accrochant des drapeaux ou discutant devant le siège de la contrada .
Alliances et rivalités
Le Bruco a‑t‑il des contrade ennemies ? Contrairement à la plupart des contrade qui possèdent des rivalités séculaires, le Bruco n’a aucun ennemi officiel . Par le passé il y eut une forte rivalité avec la Giraffa autour de questions de frontières, qui dura de l’après‑guerre jusqu’en 1996, ainsi que d’anciennes frictions avec le Nicchio à la fin du XIXᵉ et au début du XXᵉ siècle, aujourd’hui apaisées . Pour les alliances, le Bruco est historiquement allié à la Contrada della Torre, alliance scellée en 1912 . Cette amitié est célébrée lors des défilés ; les deux contrade marchent ensemble. Dans le passé, des alliances avec Istrice et Nicchio ont existé puis se sont dissoutes .
Histoire et vie quotidienne de la Contrada del Bruco
Organisation et rôles
Chaque contrada est administrée par des rôles élus. Dans le Bruco, la fonction de priore (principal responsable laïc des contrade) porte le titre de Rettore . Cette particularité lexicale ne change pas les fonctions : le Rettore coordonne la vie de la contrada toute l’année. À ses côtés se trouvent le Capitano (qui dirige la stratégie lors du Palio), les mangini (collaborateurs du capitaine), le conseil de contrada et diverses commissions chargées des événements, des activités des jeunes et des loisirs . Les jeunes contradaioli participent activement à travers des groupes comme le gruppo piccoli, garantissant la transmission des traditions .
Un moment clé est le baptême du contradaiolo : chaque année, lors d’une cérémonie solennelle, les nouveaux‑nés (ou même des adultes voulant rejoindre la contrada) sont baptisés avec l’eau de la fontaine baptismale de la contrada et deviennent membres à part entière du Bruco . Ce rite émouvant est souvent associé à la fête patronale.
Fête patronale
Le saint patron du Bruco est la Visitation de la Vierge Marie, célébrée le 2 juillet, qui correspond également au Palio di Provenzano . Autour de cette date, la contrada fête avec des cérémonies religieuses et civiques : messe solennelle en plein air dans les jardins ou à l’oratoire, procession portant le saint patron et moments conviviaux . Le quartier est décoré et tous – des enfants aux personnes âgées – portent les couleurs jaune et vert .
Vie quotidienne et anecdotes
Au‑delà des grandes fêtes, la vie quotidienne du Bruco est faite de rituels communautaires : dîner du vendredi dans les locaux de la société de contrada, répétitions de tambours et de lanceurs de drapeau, jeux d’enfants et autres activités . La contrada est comme une grande famille : en été, on entend parfois des roulements de tambour ou on voit des groupes dîner en plein air, signe que la vie brucaiola bat son plein .
Quelques anecdotes :
- Premier jockey étranger du Palio : en juillet 1927, le Bruco fit monter le premier jockey non italien de l’histoire du Palio – un jeune Érythréen appelé Takele, surnommé Perè Golon puis Alì . Le Bruco avait tiré un cheval boiteux et, par défi, décida de confier l’animal à ce jeune vendeur ambulant habile à monter à cru. Il chuta lors de la première course d’essai mais resta leur jockey et aurait voulu courir armé d’un couteau pour se défendre sur la piste . Il ne gagna pas, mais entra dans l’histoire comme le premier jockey de couleur du Palio, une aventure que les Brucaioli racontent encore .
- Barbicone et la révolte populaire : Giovanni Battista Bianco, dit Barbicone, tailleur du quartier Ovile, mena en 1371 les ouvriers de Sienne contre le gouvernement oligarchique . L’insurrection établit un gouvernement du peuple pendant quelques mois. Barbicone fut exécuté l’année suivante, mais il est considéré comme précurseur des luttes populaires – son mouvement précéda la révolte des Ciompi à Florence. En son honneur, le journal officiel de la contrada s’intitule “Barbicone” .
Ce ne sont que quelques histoires ; chaque contradaiolo pourrait en raconter bien d’autres. N’hésitez pas à demander aux habitants – ils partageront volontiers leur patrimoine oral riche et amusant .
Le musée et l’oratoire : trésors de la Contrada del Bruco
Localisation et collections
Comme chaque contrada, le Bruco possède un musée qui conserve ses trésors : costumes, drapeaux, souvenirs et bien sûr les drappelloni remportés au Palio. Le Musée de la Nobile Contrada del Bruco se trouve Via del Comune 30, dans des salles attenantes à l’oratoire dédié au Très Saint Nom de Jésus . Ce petit musée est un coffre aux souvenirs : il préserve des objets du XVIIe siècle et au‑delà .
Au rez‑de‑chaussée, la salle des victoires expose les drappelloni des Palios gagnés depuis 1763 avec d’autres objets liés aux victoires et à l’histoire du Palio . On peut admirer ces grandes bannières de soie indiquant l’année, le jockey, le cheval et la peinture originale – un coup d’œil sur les gloires du Bruco . À l’étage, le musée présente une collection d’objets sacrés et de costumes historiques : drapeaux anciens, vêtements liturgiques (chapes et chasubles, notamment des chasubles du XVIIe siècle) et un reliquaire ostensorium de 1728 . Des photos d’époque, documents, médailles et souvenirs des fêtes patronales complètent l’ensemble . Le musée offre ainsi un voyage à travers le temps : d’un côté la vie religieuse, de l’autre la vie civile et paliesque .
Comment visiter
Visiter ce musée est essentiel pour comprendre l’âme d’une contrada. Toutefois, les musées de contrade n’ont pas d’horaires réguliers comme les musées publics. Ils sont souvent ouverts sur rendez‑vous ou lors d’occasions spéciales . Selon le ministère italien de la Culture, le musée du Bruco est visitable sur demande en contactant la contrada . Il est conseillé de contacter le Consorzio per la Tutela del Palio ou la contrada via son site officiel (nobilcontradadelbruco.it) longtemps à l’avance pour organiser une visite guidée . Parfois, notamment autour du Palio, des visites guidées sont proposées pour les touristes, souvent le matin . Des groupes scolaires peuvent aussi être reçus sur réservation . Même si vous ne pouvez pas visiter le musée, vous pouvez admirer l’oratoire adjacent, une petite église baroque datant de 1666‑69 qui ouvre régulièrement pour les offices .
Palios remportés par le Bruco
Nombre de victoires
Combien de Palios la Contrada del Bruco a‑t‑elle remportés ? Les archives officielles attestent 33 victoires (à partir du XVIIᵉ siècle) et certaines sources comptent 37 victoires si l’on inclut des courses plus anciennes . Voici un tableau récapitulatif :
| Période (siècle) | Victoires du Bruco |
|---|---|
| XVIIᵉ siècle (1600‑1699) | 6 victoires – la première le 2 juillet 1653 |
| XVIIIᵉ siècle (1700‑1799) | 7 victoires – de 1711 à 1792 |
| XIXᵉ siècle (1800‑1899) | 16 victoires – de 1814 à 1896 |
| XXᵉ siècle (1900‑1999) | 5 victoires – 1907, 1912, 1922, 1955, 1996 |
| XXIᵉ siècle (2000‑aujourd’hui) | 3 victoires – 2003, 2005, 2008 |
| Total | 37 victoires (données confirmées) |
La contrada a connu un pic de victoires au XIXᵉ siècle (16 succès) puis un déclin au XXᵉ siècle . Ce qui importe le plus aux contradaioli est l’année de la dernière victoire .
Dernières victoires et moments marquants
La dernière victoire du Bruco date du 16 août 2008 (Palio dell’Assunta), mettant fin à une disette de cinq ans après le succès de 2003 . Ce jour‑là, le jockey Giuseppe Zedde (dit Gingillo) monta le cheval Elisir Logudoro et remporta une course très disputée . Ce drappellone peint par Milo Manara est aujourd’hui exposé au musée et, chaque année, on le porte à la cathédrale pour le Te Deum de remerciement .
Voici une table des cinq dernières victoires :
| Date | Palio | Jockey (surnom) | Cheval |
|---|---|---|---|
| 16 août 2008 | Palio dell’Assunta | Giuseppe Zedde (Gingillo) | Elisir Logudoro |
| 2 juillet 2005 | Palio di Provenzano | Luigi Bruschelli (Trecciolino) | Berio |
| 16 août 2003 | Palio dell’Assunta | Luigi Bruschelli (Trecciolino) | Berio |
| 16 août 1996 | Palio dell’Assunta | Salvatore Ladu (Cianchino) | Rose Rosa (dite « Bella Speranza ») |
| 2 juillet 1955 | Palio di Provenzano | Giuseppe Gentili (Ciancone) | Sturla |
À noter : Trecciolino – surnom de Luigi Bruschelli – est l’un des jockeys les plus victorieux de l’histoire du Palio et réalisa un “cappotto” avec le Bruco (deux victoires consécutives en 2003 et 2005). Ciancone et Cianchino sont d’autres jockeys célèbres des années 1950 et 1990 .
Le Bruco détient aussi un record curieux : il fut la première contrada à gagner un Palio à la « première course d’essai ». En juillet 2000, en raison d’un orage, les essais furent annulés et la course eut lieu tôt le matin ; le Bruco remporta ce Palio extraordinaire (Palio du Jubilé) le 3 juillet 2000 . Les contradaioli s’en souviennent comme d’une victoire inhabituelle.
Même si le Bruco n’a pas gagné depuis 2008, il reste une contrada respectée et redoutée pour sa détermination . Qui sait – peut‑être votre prochain séjour à Sienne coïncidera‑t‑il avec une nouvelle victoire en Piazza del Campo !
Ateliers artisanaux et événements dans le quartier du Bruco
Boutiques traditionnelles
En plus de l’histoire et des traditions, que peut découvrir un visiteur en se promenant dans les rues du Bruco ? Une réponse réside dans les ateliers artisanaux et les activités locales qui jalonnent le quartier. Traditionnellement associé à la corporation des soyeux, le Bruco abritait autrefois des métiers du textile . Aujourd’hui, les métiers subsistent sous d’autres formes : along Via dei Rossi et les rues voisines, on trouve des ateliers de restauration, des orfèvres, des tailleurs sur mesure et des boutiques d’artisanat . On rencontre aussi des pâtisseries et épiceries historiques – notamment une pâtisserie célèbre pour ses ricciarelli et son panforte, idéale pour rapporter des souvenirs sucrés .
En flânant de Piazza Salimbeni à Piazza San Francesco, on découvre des vitrines au charme d’antan : un maroquinier qui fabrique à la main ceintures et sacs, un épicier vendant épices et produits toscans, une librairie ancienne pleine de livres et de gravures . On peut aussi tomber sur un atelier de céramique décorant des assiettes aux couleurs de la contrada, une galerie d’art contemporain tenue par un artiste siennois ou une enoteca où déguster un verre de Chianti en discutant avec le propriétaire .
Un itinéraire artisanal pourrait comprendre : un arrêt chez un céramiste local, une visite d’un atelier de confection de drapeaux (où des couturières spécialisées cousent et réparent les drapeaux de contrade) et un détour par une contrada voisine comme l’Onda ou la Lupa pour comparer d’autres ateliers . Vous réaliserez ainsi que la tradition et l’artisanat vont de pair ; le Palio nourrit des arts tels que la peinture (chaque année un artiste peint le drappellone) et l’artisanat comme la fabrication de costumes, de tambours, de harnais et de bijoux . Sienne est un petit univers artisanal et le Bruco en est pleinement acteur .
Événements et moments spéciaux
Quels événements ou moments spéciaux un touriste peut‑il vivre dans la Contrada del Bruco ? Outre la fête patronale et les activités du Palio, la contrada organise diverses manifestations ouvertes au public :
- Banquets et dîners en plein air : en été, notamment à l’approche du Palio, le Bruco (comme les autres contrade) installe de longues tables dans les rues pour des dîners conviviaux . La cena della prova generale, la veille du Palio, est spectaculaire et accessible sur réservation ; des centaines de personnes dînent sous les drapeaux. D’autres repas propitiatoires précèdent la course et, en cas de victoire, un dîner de fête est organisé . Un touriste peut observer ces scènes uniques où tout un quartier mange ensemble sous les étoiles, chante et porte des toasts .
- Processions et baptêmes : lors de la fête patronale ou d’événements comme le Palio dei Cittini (un mini‑Palio pour enfants), vous verrez la contrada défiler avec tambours et étendards . Vous pourrez même assister à un baptême de contrada : à l’oratoire ou à la fontaine de la contrada, les enfants sont baptisés et accueillis dans la communauté . Ce rituel bref mais émouvant est souvent public.
- Expositions et culture : le Bruco dispose d’une bibliothèque et d’un petit théâtre et organise régulièrement des expositions, des présentations de livres et des concerts . En 2019, une exposition intitulée « Lo zucchino, evoluzione e rivoluzione » présentait photos et souvenirs sur l’histoire de la calotte (zucchino) des jockeys . Ces événements sont annoncés dans la presse locale et sont généralement accessibles librement ou contre une petite contribution .
- Période du Palio : c’est le moment fort pour vivre la contrada. Fin juin‑début juillet et mi‑août, le Bruco est en effervescence : répétitions nocturnes des tambours, drapeaux accrochés à chaque fenêtre et bénédiction du cheval et du jockey si la contrada court . Pendant les soirs d’essais (29 juin–1 juillet et 13–15 août), promenez‑vous dans le quartier : vous entendrez des chants de contrade et croiserez peut‑être la procession du Bruco en route vers Piazza del Campo . Vous ressentirez l’attachement des Siennois à leurs contrade .
En résumé, le Bruco offre des moments authentiques que l’on peut saisir en se mêlant respectueusement aux activités du quartier . Ces événements ne sont pas conçus comme des attractions touristiques mais comme des célébrations communautaires ; toutefois, les Siennois sont accueillants et, si vous montrez un véritable intérêt, les contradaioli seront heureux d’expliquer ce qui se passe ou de partager un morceau de ciaccino pendant une fête .
Itinéraire à pied : de l’Hotel Minerva au cœur du Bruco








Après tant d’informations historiques et culturelles, voici un parcours pratique pour rejoindre la Contrada del Bruco depuis l’Hotel Minerva . L’hôtel est situé Via Garibaldi 72, juste à l’intérieur des murs et à l’extérieur de la zone à circulation limitée, ce qui permet d’arriver en voiture et de se déplacer ensuite à pied . Piazza del Campo est à environ 15 minutes de marche et la cathédrale à 17 minutes; le Bruco est presque au coin .
Voici un itinéraire (environ 2 km) adapté aux familles :
- Départ : Sortez de l’Hotel Minerva et tournez à droite sur Via Garibaldi. Marchez environ 200 mètres le long de cette rue bordée de commerces modernes et anciens . Profitez d’un point panoramique sur la gauche pour admirer les toits et clochers de la ville et prendre une première photo .
- Vers Piazza Salimbeni : Continuez sur Via Garibaldi qui devient Via dei Montanini, rue raffinée pleine de boutiques et de cafés . En quelques minutes, vous atteignez Piazza Salimbeni, reconnaissable à la façade gothique du Palazzo Salimbeni et à la statue de Sallustio Bandini . Vous êtes alors officiellement en territoire du Bruco ! Cherchez les drapeaux jaune‑verts et les plaques ornées de la chenille .
- Pause Piazza Salimbeni : Sur l’autre côté, admirez le Palazzo Spannocchi et le Palazzo Tantucci, exemples d’architecture Renaissance . Du point de vue des Brucaioli, vous êtes dans leur « salon » ; cet espace appartient à la contrada depuis le XVIIIe siècle et sert de lieu de rassemblement lors des défilés .
- Via dei Rossi et l’oratoire : Prenez Via dei Rossi (à gauche en regardant Palazzo Salimbeni), rue caractéristique en légère descente bordée de boutiques . Après une centaine de mètres, tournez à gauche dans la petite montée de Via del Comune. En quelques pas, vous verrez l’Oratoire du Très Saint Nom de Jésus et l’entrée du Musée du Bruco (indiqué par une plaque) . Du Minerva à ce point, il ne faut que cinq à sept minutes .
- Visiter l’oratoire (et le musée si possible) : Entrez dans l’oratoire si c’est ouvert ; ce lieu intime est richement décoré de style baroque . Si vous avez réservé, explorez le musée voisin. Même un arrêt devant la fontaine baptismale de la contrada, ornée de la chenille, est émouvant .
- Les coste du Bruco : Poursuivez en explorant les voies environnantes. Par exemple, continuez sur Via del Comune et tournez à droite dans Costa di Mezzo ou Costa degli Orti – ces pentes typiques de Sienne vous mènent vers Via di Città ou vers Pian d’Ovile . En descendant, vous arriverez à Piazza d’Ovile où se trouve la Fonti di Ovile, fontaine médiévale pittoresque . En remontant Costa di Mezzo, vous déboucherez sur Piazza San Francesco, dont la moitié appartient au Bruco . Profitez‑en pour visiter la Basilique de San Francesco, célèbre pour le miracle des Hosties incorrompues, et admirer la vue depuis le parvis .
- Retour via Banchi di Sopra : Depuis Piazza San Francesco, revenez à l’hôtel par Via dei Rossi puis Banchi di Sopra, la principale artère de Sienne toujours animée, qui rejoint Via Garibaldi . Vous pouvez aussi revenir par la Lizza, jardins publics proches de la Forteresse Médicis, et rejoindre Via Garibaldi en cinq minutes .
Cet itinéraire circulaire touche tous les points essentiels du Bruco : piazza principale (Salimbeni), rue historique (Via dei Rossi), cœur de la contrada (oratoire et musée) et point panoramique (San Francesco) . Le trajet est court et permet de goûter à la vie locale parmi artisans et cafés. Pour les familles, transformez la balade en chasse au trésor : demandez aux enfants de compter combien d’emblèmes de la chenille ils repèrent sur les murs ou les fontaines – ils en trouveront plusieurs et resteront captivés . Profitez d’une glace artisanale dans le quartier pour rendre la montée jusqu’à Via del Comune plus douce .
Conseils aux visiteurs étrangers
N’hésitez pas à interagir : de nombreux Siennois parlent anglais (surtout les jeunes ou ceux qui travaillent dans le tourisme), et dans le Bruco vous trouverez des gens disposés à expliquer . Si vous voyez quelqu’un portant le fazzeletto (foulard de soie aux couleurs du Bruco) autour du cou, demandez poliment ce qui se passe ; les contradaioli seront ravis de vous montrer le musée ou de raconter une histoire que vous ne trouverez pas sur Google .
Conclusion : une expérience siennoise authentique
Nous avons parcouru ensemble la Nobile Contrada del Bruco, de ses glorieuses pages médiévales aux traditions vivantes d’aujourd’hui, des reliques conservées au musée aux drapeaux qui flottent dans les ruelles . Nous avons découvert que le Bruco n’est pas qu’un quartier mais un microcosme de culture, de fierté et de communauté . Le visiter, c’est toucher une part de l’âme de Sienne .
Pour les voyageurs séjournant à l’Hotel Minerva, le Bruco est quasiment le « quartier maison » : il suffit de quelques minutes pour être immergé dans l’histoire de la contrada . L’hôtel, avec son atmosphère accueillante et sa position stratégique, constitue une base idéale pour explorer non seulement le Bruco mais aussi toutes les merveilles de Sienne . Comme le soulignent les guides de l’hôtel, rentrer se reposer l’après‑midi puis ressortir pour une glace en soirée sur Piazza del Campo devient naturel quand tout est si proche . Après la visite du Bruco, vous pouvez continuer vers les contrade voisines (Oca, Lupa, Drago…) ou retourner à l’hôtel pour vous détendre avant de ressortir admirer Sienne illuminée .
Nous espérons que ce guide vous a non seulement apporté des informations touristiques, mais aussi donné envie de vivre Sienne de manière plus authentique et participative . La Contrada del Bruco vous attend à bras ouverts : laissez‑vous gagner par l’enthousiasme de ses contradaioli, goûtez la cuisine locale, admirez ses couleurs et, pourquoi pas, encouragez le Bruco si vous assistez à un Palio ! Ce sera une expérience que vous et votre famille n’oublierez pas.
